– Gérald Leblanc, entrée de journal, 30 mai 1994

Mario LeBlanc a toujours raconté son quotidien ainsi que celui des gens qui l’entourent. Très tôt, il découvre que sa plume lui permet d’exprimer sa créativité qu’il transforme en chansons ou en poèmes.
« C’est quand je suis arrivé en 10e année que l’intérêt m’a pris, mais je voulais plus devenir un poète qu’un chansonnier. C’est plus tard que j’ai découvert que j’étais plus un chansonnier qu’un poète. Mais il faut dire que les deux se mélangent assez bien. »
– Mario LeBlanc (avril 2003, La Bonne secousse)
Vers la fin des années 1990, Mario publie ses premiers poèmes dans la revue Éloizes. Il s’exprime dans la langue qui cadre le mieux avec le propos qu’il veut exprimer sur le moment, que ce soit le français, le chiac, le parler acadien ou l’anglais.

Couverture : Oeuvre de Mathieu Léger
Il lance en 1999 un premier recueil, Taches de naissance, aux Éditions Perce-Neige. Mario fait alors partie de la jeune génération de poètes de la région qui publient des œuvres influencées par Moncton et le chiac à la fin des années 1990 et au début des années 2000.
Mario a été encadré pour l’édition de cette première publication par Gérald Leblanc, un artiste qu’il admirait énormément et dont l’œuvre l’a beaucoup influencé. Taches de naissance contient une quarantaine de poèmes qui brossent un portrait fidèle, intimiste et honnête de son univers et retracent ses origines et ses influences. L’œuvre qui orne la page de couverture a été réalisée par Mathieu Léger.
Les paroles de Mario résonnent auprès du public. On associe sa poésie à l’oralité : « Elle sonne comme une conversation, comme une confidence qu’on fait à ses amis. » De son recueil, on dira qu’il « ressemble à un journal intime écrit au fil de la plume et porteur du chant et de la langue du Sud-Est » (David Lonergan, Acadie Nouvelle, juillet 2000).
On dénote dans ses écrits des ressemblances avec Acadie Rock de Guy Arseneault, à la fois dans les anecdotes de la vie de tous les jours ou la description des gens qui l’entourent et de ce qui anime ses journées. Une comparaison qui touche beaucoup le jeune poète.
Avec la permission de Perce-Neige
– Martine Jacquot, critique (à propos de Taches de naissance)

Dès 2001, Mario mijote le projet d’un deuxième recueil de poèmes, mais tranquillement, la musique occupe de plus en plus de place dans sa vie. Il se lance à fond dans sa carrière d’auteur-compositeur-interprète.
La poésie demeurera malgré tout présente dans son quotidien et dans sa création. Il infuse ses chansons de poésie et aura la chance de collaborer avec l’une de ses idoles de jeunesse, le poète Guy Arseneault, pour la composition d’une chanson figurant sur son deuxième album (La toune à Guy).
En 2019, il a publié le poème Mont-Carmel (la localité qu’il habitait à l’époque sur l’Île-du-Prince-Édouard) dans la revue Ancrages.
– Mario LeBlanc (propos recueillis par Sylvie Mousseau de l’Acadie Nouvelle)

Mario a grandi dans une famille qui fréquentait beaucoup le théâtre : son père était un des fondateurs du théâtre l’Escaouette de Moncton. Tout au long de sa carrière, il a toujours eu dans l’idée d’écrire une pièce de théâtre ou même un spectacle de marionnette pour enfants. Certains projets ont vu le jour et d’autres n’ont pas abouti à la scène.
En 2015, un de ses rêves se réalise et il monte une pièce de théâtre pour enfant qui se nomme Les insécurités de Jean Rhubarbe. C’est un spectacle de marionnette à la lumière noire qui raconte l’histoire d’une grande rhubarbe, qui cherche à s’afficher comme légume malgré le fait que tout le monde lui dit qu’il est vraiment un fruit. La pièce a été montée la première fois par la troupe de théâtre du Soleil Oublié grâce à l’appui du Conseil scolaire-communautaire Évangéline, à l’Île-du-Prince-Édouard. La pièce montera sur les planches une seconde fois l’année après la mort de Mario, soit en 2025.